Le Keren Hayessod a été un fonds israélien avant qu'Israël n'existe et l'Etat d'Israël n'aurait pas été créé sans le Keren Hayessod, sans la voie qu'il a ouverte à la construction du pays, sans les moyens qu'il a investis ici – ne serait-ce que parce qu'il a été l'outil grâce auquel les masses juives ont pris part à la pose des fondements de la société israélienne
 
Le député Itzhak Ben Aharon, futur leader du mouvement syndical  (1955)
 


La première décennie complète qui suivit la création de l'Etat d'Israël fut marquée par d'énormes vagues d'immigration, en provenance principalement d'Afrique du Nord, du Yémen, du Kurdistan et d'Irak. En quelques années, la population d'Israël tripla, un processus qui causa de grandes difficultés et un besoin accru de services dans les domaines de l'aide sociale, de l'éducation et de la culture. Comme il l'avait déjà fait dans le passé, mais avec plus de vigueur encore, le Keren Hayessod aida à fonder des dizaines de localités urbaines, parmi lesquelles par exemple la ville de Sdérot en 1951 et celle d'Eilat en 1956, ainsi des villages agricoles, kibboutzim et mochavim. Le Keren Hayessod a fourni des sommes considérables pour ces projets et créé à travers le monde de nouvelles sections de collecte de fonds, afin de mobiliser une aide accrue. Parmi ces nouvelles organisations, on note en particulier le rétablissement d'une présence en Allemagne (1955). Le rôle de premier plan joué par le Keren Hayessod conduisit le parlement israélien, la Knesset, à adopter en 1956 une loi le dotant d'un statut juridique spécial.